Ravina Shamdasani, porte-parole du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme
Lieu
Genève
Nous sommes profondément troublés par le meurtre hier d’au moins dix personnes, ainsi que par les pillages et la destruction de biens au Kenya, alors que la police et d’autres forces de sécurité répondaient à des manifestations violentes dans la capitale Nairobi et dans au moins 16 autres comtés. Des munitions létales, des balles en caoutchouc, des gaz lacrymogènes et des canons à eau ont été utilisés.
Selon la police, au moins 11 personnes ont été tuées, 52 policiers ont été blessés et 567 personnes ont été arrêtées. La Commission nationale des droits de l’homme du Kenya a fait état d’au moins 10 morts, 29 blessés, 37 arrestations et deux enlèvements. Nous avons également reçu des rapports faisant état de pillages et de dommages causés à des biens publics et privés par des individus non identifiés dans de nombreux lieux.
Il est très inquiétant que ces derniers incidents surviennent à peine deux semaines après que plus de 15 manifestants ont été tués et de nombreux autres blessés à Nairobi et dans d’autres régions du Kenya le 25 juin. Volker Türk, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, renouvelle son appel au calme et à la retenue, ainsi qu’au plein respect des libertés d’expression, d’association et de réunion pacifique. Il est essentiel que les griefs légitimes à l’origine de ces protestations soient pris en compte.
Nous notons que la police a annoncé l’ouverture d’une enquête sur de précédents incidents. Le Haut-Commissaire réitère son appel pour que tous les meurtres signalés et autres violations et abus présumés du droit international des droits de l’homme, y compris en ce qui concerne l’usage de la force, fassent l’objet d’enquêtes rapides, approfondies, indépendantes et transparentes. Les auteurs doivent répondre de leurs actes.
En vertu du droit international des droits de l’homme, les forces de l’ordre ne doivent recourir à la force létale, y compris aux armes à feu, que lorsque cela est strictement nécessaire pour protéger la vie d’une menace imminente.
Le HCDH est prêt à soutenir les autorités kenyanes pour relever ces défis, y compris dans le cadre d’enquêtes.