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Communiqués de presse Procédures spéciales

Israël doit cesser de tuer les civils rentrant chez eux au Sud-Liban, insistent des experts de l’ONU

13 février 2025

GENÈVE – Israël doit respecter l’accord de cessez-le-feu avec le Liban, mettre immédiatement fin aux démolitions de logements, assurer la sécurité des civils qui rentrent chez eux et retirer complètement ses troupes du Sud-Liban, ont déclaré aujourd’hui plusieurs experts de l’ONU*.

« Nous sommes gravement préoccupés par le fait que les civils continuent de payer un lourd tribut au Liban. Dans les 60 jours qui ont suivi l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, au moins 57 civils ont été tués et 260 biens ont été détruits », ont fait remarquer les experts.

L’accord de cessez-le-feu, qui est entré en vigueur le 27 novembre 2024, exigeait que les troupes israéliennes se retirent complètement du Sud-Liban dans un délai de 60 jours. Cependant, les forces israéliennes sont restées dans la région, continuant à cibler les civils, à démolir les habitations et à détruire les cultures et les infrastructures, à l’aide de chars, de bulldozers et d’armes lourdes.

Lorsque le délai initial pour le retrait des forces armées israéliennes du Liban a expiré le 26 janvier 2025, les civils libanais qui tentaient de rentrer chez eux dans les villes et villages encore occupés ont été accueillis par des tirs de soldats israéliens, qui ont fait 24 morts et 120 blessés.

Les affrontements violents se sont poursuivis même après la décision d’un nouveau délai pour le retrait total des forces israéliennes au 18 février 2025, avec au moins deux autres civils tués et 80 blessés en seulement quatre jours.

Outre l’interdiction absolue et incontestable des homicides illicites en tant que norme impérative du droit international, les Principes directeurs relatifs au déplacement de personnes à l’intérieur de leur propre pays interdisent le meurtre des personnes déplacées et la destruction de tous les biens qu’elles ont laissés derrière elles. Ils énoncent également le droit des personnes déplacées de retourner volontairement dans leurs foyers et sur leurs terres, en toute sécurité et dans la dignité.

« Nous sommes scandalisés par le fait que le meurtre de civils et la destruction systématique de logements, de terres agricoles et d’autres infrastructures essentielles au Sud-Liban se soient poursuivis pendant l’accord de cessez-le-feu », ont déploré les experts.

« Les actions militaires d’Israël ont précipité une crise humanitaire, prolongée par des attaques qui empêchent de trouver des solutions durables aux déplacements. Ces violations du droit international des droits de l’homme et du droit international humanitaire doivent cesser immédiatement », ont-ils affirmé.

Ils ont appelé Israël à lever immédiatement les restrictions d’accès imposées à la libre circulation des citoyens libanais et à permettre leur retour dans tous les villages et villes du Sud-Liban.

Les experts ont également exprimé leur inquiétude concernant les munitions non explosées, l’utilisation de munitions au phosphore blanc et la pratique aveugle consistant à piéger les logements, qui ont rendu des zones résidentielles et des terres agricoles entières dangereuses pour ceux qui souhaitent y retourner pendant longtemps, même après la fin des hostilités.

« Nous demandons instamment le retrait immédiat et complet des forces israéliennes de tous les territoires occupés au Liban et la fin de toutes les violations du cessez-le-feu », ont lancé les experts. « Il est impératif que le droit international soit respecté, que les civils soient protégés de toute atteinte supplémentaire et que les personnes déplacées soient autorisées à retourner dans leurs foyers et sur leurs terres et reçoivent une compensation ou une réparation pour les biens qui ne peuvent être récupérés. »

Les experts avaient déjà fait part à Israël de leurs préoccupations quant aux graves violations du droit international humanitaire et du droit international des droits de l’homme commises pendant le conflit entre le Hezbollah et Israël, notamment les victimes civiles et la destruction massive de biens civils, dont des logements, des infrastructures d’approvisionnement en eau et d’assainissement, des terres agricoles, des sites du patrimoine culturel et des lieux de culte, ainsi que des déplacements forcés massifs de civils, l’interruption de l’accès aux soins de santé et à l’éducation, la perte des moyens de subsistance et la dégradation de l’environnement.

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