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Gaza : le Comité de l’ONU contre le racisme dénonce l’arrêt de l’aide alimentaire et demande d’urgence l’accès immédiat à l’aide humanitaire
09 mai 2025
GENÈVE – Alors que l’aide alimentaire est désormais totalement épuisée à Gaza et que les points de passage sont toujours bloqués, le Comité des Nations Unies pour l’élimination de la discrimination raciale a lancé aujourd’hui un appel urgent en faveur d’un accès immédiat à l’aide humanitaire et d’un cessez-le-feu durable, et met en garde contre les conséquences catastrophiques de cette situation pour la population civile.
Le Comité, réuni actuellement à Genève à l’occasion de sa dernière session qui se termine aujourd’hui, a publié sa déclaration quelques heures après que l’organisation World Central Kitchen a annoncé avoir été contrainte de fermer ses dernières soupes populaires dans la bande de Gaza par manque de nourriture.
Le Programme alimentaire mondial (PAM) avait auparavant tiré la sonnette d’alarme quant à l’effondrement total des opérations d’aide alimentaire dans l’enclave assiégée. Fin avril, le PAM avait annoncé que toutes ses réserves alimentaires à Gaza avaient été épuisées et que les restrictions en cours aux principaux points de passage frontaliers avaient empêché l’entrée de fournitures supplémentaires.
La pénurie de nourriture à Gaza, associée à la destruction et aux graves dommages causés aux infrastructures d’eau et d’électricité, « place la population civile, en particulier les groupes vulnérables comme les enfants, les femmes, les personnes âgées et les personnes handicapées, dans une situation de risque imminent de famine, de maladie et de mort », a déclaré le Comité.
Ce dernier s’est également déclaré très alarmé par l’intensification des opérations militaires israéliennes dans la bande de Gaza depuis le début du mois de mars, citant les bombardements aveugles et les incursions terrestres étendues, « qui ont considérablement aggravé la crise humanitaire et mis gravement en danger la population civile ».
Invoquant ses procédures d’alerte précoce et d’action urgente, le Comité a rappelé sa décision de 2024, qui soulevait de graves préoccupations concernant les obligations d’Israël, en vertu du droit international, de prévenir les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité et le génocide.
Il a également attiré l’attention sur la détérioration globale des conditions dans l’ensemble du Territoire palestinien occupé, y compris à Jérusalem-Est en Cisjordanie, où les schémas de déplacement massif et de violence des colons reflètent de plus en plus ceux de Gaza.
Le Comité a exhorté l’État d’Israël à « lever tous les obstacles à l’accès humanitaire, permettre l’entrée immédiate et sans entrave de l’aide humanitaire et cesser toutes les actions faisant obstacle à la fourniture de services essentiels à la population civile de Gaza ».
En outre, il a appelé tous les États parties à la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale à remplir leurs obligations internationales en prenant des mesures immédiates et appropriées pour prévenir une nouvelle escalade de l’hostilité et assurer la protection des civils.
Tous les États doivent « coopérer pour mettre fin aux violations qui ont lieu et pour prévenir les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité et le génocide, notamment en cessant toute assistance militaire », a également demandé le Comité.
La déclaration complète est disponible en ligne.
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