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Les réalités vécues par les groupes racisés constituent le véritable test des efforts antiracistes du Canada, affirme une experte de l’ONU
09 octobre 2026
OTTAWA – Le Canada doit redoubler d’efforts pour lutter contre les formes systémiques et intersectionnelles de racisme et de discrimination raciale, qui trouvent en grande partie leur origine dans des histoires coloniales complexes, a déclaré aujourd’hui une experte de l’ONU.
« Au cours de ma visite, j’ai constaté les efforts déployés par le Canada pour lutter contre le racisme au moyen de politiques et d’initiatives antiracistes. J’ai toutefois également observé que d’importantes inégalités raciales persistent et que des préoccupations demeurent quant à l’efficacité et à la mise en œuvre de ces mesures », a déclaré Ashwini K.P., Rapporteuse spéciale sur les formes contemporaines de racisme, dans un communiqué publié à la suite d’une visite officielle au Canada.
« Le Canada a mis en place de solides protections juridiques en matière d’égalité et de non-discrimination et a pris des mesures importantes, notamment par le cadre de la Stratégie canadienne de lutte contre le racisme 2024-2028 et de ses efforts visant à renforcer la collecte de données ventilées selon la race et l’origine ethnique. Toutefois, ces engagements doivent être évalués à l’aune des réalités vécues par les communautés racisées », a déclaré l’experte.
La rapporteuse spéciale a noté des rapports persistants faisant état d’un écart entre les objectifs des mesures de lutte contre le racisme et les réalités vécues par divers groupes racisés au Canada.
« Partout dans le pays, j’ai entendu diverses communautés témoigner d’expériences persistantes de haine, de discrimination et de racisme systémique. Ces réalités vécues constituent le critère ultime permettant de déterminer si les engagements antiracistes se traduisent par des changements concrets », a-t-elle déclaré.
La Rapporteuse spéciale s’est dite préoccupée par les multiples formes de racisme, y compris les nouvelles manifestations de discrimination raciale et leur impact sur les Africains et les personnes d’origine africaine, les peuples autochtones, les communautés touchées par le système des castes, les juifs, les musulmans, les personnes d’origine arabe, les Palestiniens, les Asiatiques et les personnes d’origine asiatique. Elle a souligné que les personnes victimes de racisme sont souvent confrontées à des formes multiples et croisées de discrimination, ce qui entraîne une exclusion structurelle et institutionnelle. Elle a relevé des manifestations de ce racisme, notamment les discours haineux, les crimes haineux, le profilage racial, la criminalisation des communautés racisées et la discrimination systémique en matière de logement, de travail décent, de soins de santé et d’éducation.
« Le Canada se trouve à un tournant difficile, le pays étant confronté à un degré important d’incertitude économique et à des défis transversaux, notamment une polarisation politique et sociale croissante et une fragilité du tissu social », a déclaré l’experte. « En ce moment critique, le Canada doit réaffirmer son engagement inébranlable envers les valeurs démocratiques et les droits de la personne, et redoubler d’efforts pour combler les lacunes dans la mise en œuvre des normes clés de lutte contre le racisme, tout en assurant le respect intégral des cadres internationaux relatifs aux droits de la personne. »
Ashwini K.P. présentera un rapport complet sur sa visite au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies en juin 2027.
Ashwini K.P. est la Rapporteuse spéciale chargée d'examiner les formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et de l’intolérance qui y est associée.
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