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Rapports de pays

A/HRC/59/51/Add.1 : Visite en Colombie

Publié

22 avril 2025

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A/HRC/59/51/Add.1

Résumé

Le Rapporteur spécial sur les droits de l’homme et l’extrême pauvreté, Olivier De Schutter, s’est rendu en Colombie entre le 26 août et le 4 septembre 2024, à l’invitation du Gouvernement. L’objet de cette visite était d’examiner les efforts déployés par la Colombie pour lutter contre la pauvreté et protéger les droits humains des personnes en situation de pauvreté. Le Rapporteur spécial s’est rendu à Bogota, où il a visité la localité de Ciudad Bolivar, ainsi qu’à Buenaventura, Cali et Soacha; il a rencontré des fonctionnaires d’administrations locales, régionales et nationales, des représentants d’institutions internationales et d’entités des Nations Unies, des organisations de la société civile et des personnes touchées par la pauvreté dans des zones urbaines et rurales. À Buenaventura, Cali, Ciudad Bolivar et Soacha, il s’est rendu auprès de communautés qui mènent des projets visant à compenser les carences de l’État, qui n’assure pas les services publics de base dans des domaines tels que l’éducation, la protection sociale ou l’accès à la terre et à l’eau, et n’est pas en mesure de protéger les plus vulnérables contre les menaces que représentent les groupes armés non étatiques et les trafiquants de drogues.

Malgré les immenses difficultés causées par des décennies de conflit armé, la Colombie progresse dans la lutte contre la pauvreté. Entre 2022 et 2023, le taux de pauvreté de revenu est passé de 36,6 à 33 %, et le taux d’extrême pauvreté a baissé de 13,8 à 11,4 %. Les inégalités de revenus demeurent cependant très importantes : le coefficient de Gini est de 0,53, soit l’un des plus élevés au monde. De plus, certains groupes de la population sont beaucoup plus touchés par la pauvreté : 58,4 % de la population autochtone vivait dans la pauvreté en 2023, soit près de 50 % de plus que la moyenne nationale. En outre, les disparités régionales restent importantes, la situation dans les départements de Bolívar, Chocó, La Guajira et Sucre étant bien plus mauvaise que dans d’autres départements. Ces déséquilibres montrent qu’il importe de veiller à ce que tout processus de décentralisation mené en application de l’article 286 de la Constitution de 1991 soit conçu de manière à réduire l’écart entre les zones rurales et urbaines et entre les communautés.

Le rapport se termine par un ensemble de recommandations visant à remédier aux principales disparités entre les zones rurales et urbaines, ainsi qu’entre les municipalités les plus pauvres et les plus riches du pays. Ces recommandations portent notamment sur des mesures particulières de soutien aux groupes vulnérables les plus exposés au risque de pauvreté, des mesures de lutte contre la stratification sociale dans le cadre de la mise en place d’un registre universel des revenus (registro universal de ingresos) et des mesures visant à aider les personnes déplacées en raison du conflit armé tout en freinant la spéculation foncière. En outre, le Rapporteur spécial appelle de ses vœux des réformes visant à garantir un financement durable de l’enseignement supérieur et à développer l’accès à l’enseignement supérieur dans les zones historiquement exclues. Il met également en évidence la nécessité d’une réforme agraire globale visant à permettre aux cultivateurs de coca d’atteindre un niveau de vie décent et garantissant que les travailleurs du secteur informel recevront un salaire vital et pourront atteindre un niveau de vie suffisant lors de leur passage à l’économie formelle.

Publié par :

Rapporteur spécial sur les droits de l'homme et l'extrême pauvreté

Présenté à :

Conseil des droits de l’homme - cinquante-neuvième session

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