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Cette page fournit une vue d’ensemble des droits humains des jeunes, des obstacles et de la discrimination auxquels ils sont confrontés, et des actions que les États Membres peuvent mener pour faire progresser les droits des jeunes à l’échelle internationale. Le contenu de cette page est également disponible dans un document de deux pages (PDF).

Que sont les droits de l’homme des jeunes ?

La jeunesse est une période de transition de la dépendance à l’indépendance et à l’autonomie. Cette transition se déroule à différents moments selon différents droits, par exemple concernant l’éducation, l’emploi et la santé sexuelle et procréative, et dépend entre autres du contexte socioéconomique.
Les jeunes sont confrontés à la discrimination et se heurtent à des obstacles dans l’exercice de leurs droits en raison de leur âge, ce qui limite leurs possibilités. Les droits humains des jeunes font donc référence au plein exercice des libertés et droits fondamentaux détenus par les jeunes. Promouvoir ces droits consiste à surmonter les obstacles et problèmes qui leur sont spécifiques.

À quels obstacles et formes de discrimination les jeunes sont-ils confrontés ?

Conformément à la résolution 35/14 du Conseil des droits de l’homme, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme a publié un rapport sur les jeunes et les droits de l’homme (A/HRC/39/33). Ce rapport décrit la discrimination et certains obstacles rencontrés par les jeunes dans l’exercice de leurs droits civiques, politiques, sociaux, économiques et culturels. Par exemple :

  • Participation : les jeunes sont sous-représentés dans les institutions politiques, moins de 2 % des parlementaires dans le monde étant âgés de moins de 30 ans. De plus, l’âge d’éligibilité parlementaire, surtout pour les postes les plus hauts, n’est pas toujours aligné avec l’âge minimum requis pour voter.
  • Transition entre le monde de l’école et celui du travail : les jeunes du monde entier sont trois fois plus susceptibles d’être au chômage que les adultes. Les jeunes employés doivent souvent faire face à des conditions de travail précaires (comme les contrats sans horaires) et détiennent donc un emploi de piètre qualité qui n’est pas assorti d’une protection sociale. En outre, la pauvreté des travailleurs touche les jeunes de manière disproportionnée, et concerne 145 millions d’entre eux. Dans certains cas, la pauvreté des jeunes est liée à des salaires inférieurs au salaire minimum des jeunes, ce qui va à l’encontre du principe du salaire égal pour un travail de valeur égale.
  • Accès à la santé, notamment concernant la santé et les droits en matière de sexualité et de procréation : dans certains pays, les mineurs peuvent uniquement avoir accès à des services de santé sexuelle et procréative, comme des produits et services de contraception, si leurs parents en sont informés. Le manque d’informations disponibles sur la santé sexuelle et procréative entrave la capacité des adolescents à prendre des mesures pour prévenir les grossesses non désirées ou les infections sexuellement transmissibles. Les adolescentes et les jeunes femmes âgées de 15 à 19 ans représentent 11 % de toutes les naissances.
  • Objection de conscience au service militaire : bien que la jurisprudence internationale et les recommandations produites par le système international de protection des droits de l’homme soient de plus en plus abondantes, certains États continuent de ne pas reconnaître ou de ne pas appliquer pleinement le droit à l’objection de conscience au service militaire dans la pratique.
  • Jeunes en situation de vulnérabilité : les jeunes migrants, dont les demandeurs d’asile et les réfugiés, les jeunes en conflit avec la loi et les jeunes handicapés sont confrontés à des obstacles supplémentaires en raison de leur situation particulière. La discrimination fondée sur l’âge rejoint et amplifie souvent des discriminations fondées sur d’autres critères, auxquelles elle s’ajoute, empêchant de nombreux jeunes de jouir de l’égalité des chances et d’une égalité réelle.

Que peuvent faire les États Membres ?

Dans son rapport de 2018 sur les jeunes et les droits de l’homme (A/HRC/39/33), le HCDH a recommandé au Conseil des droits de l’homme d’envisager l’adoption de plusieurs mesures permettant de faire avancer les droits des jeunes au niveau international, notamment :

  1. prendre en compte les droits de l’homme des jeunes en s’appuyant sur les mécanismes, les politiques et les programmes existants ;
  2. créer un mandat au titre des procédures spéciales sous les auspices du Conseil ;
  3. envisager la possibilité d’élaborer un instrument international ;
  4. Mettre en place un mécanisme permettant de garantir la participation constante et structurée des jeunes aux travaux du Conseil, par exemple un forum annuel de la jeunesse qui serait une entité permanente de cet organe.

Les États Membres peuvent également prendre des mesures au niveau national pour garantir la protection et la réalisation des droits des jeunes, tout en impliquant des organisations jeunes et des structures dirigées par des jeunes dans l’élaboration, la mise en œuvre, le suivi et l’évaluation des politiques, programmes ou stratégies affectant les droits des jeunes et la prise de décision dans le son ensemble. Ces mesures comprennent notamment :

Participation : adopter ou modifier des lois pour aligner l’âge minimum requis pour voter et l’âge minimum d’éligibilité pour se présenter à des élections. De manière plus générale, les États devraient garantir un environnement favorable et sûr permettant une participation significative des jeunes, qui respecte pleinement le droit à la liberté d’opinion et d’expression, y compris le droit d’accès à l’information, et les droits à la liberté de réunion pacifique et d’association.

Des recommandations détaillées sur l’amélioration de la participation sont disponibles dans les Directives à l’intention des États sur la mise en œuvre effective du droit de participer aux affaires publiques et dans le rapport de la première session du Forum des Nations Unies sur les droits de l’homme, la démocratie et l’état de droit, qui a porté sur le rôle des jeunes dans la prise de décision publique.

Emploi et protection sociale : garantir l’accès à la protection sociale pour tous les travailleurs, quelle que soit leur forme d’emploi, et abolir les salaires inférieurs au salaire minimum des jeunes, lorsqu’ils existent. Des recommandations détaillées sont disponibles dans le rapport du HCDH sur les jeunes et le droit au travail (A/HRC/40/31).

Accès à la santé : inclure des cours d’éducation sexuelle complets prenant appui sur des données scientifiques et adaptés à l’âge des enfants dans les programmes scolaires à tous les niveaux, et garantir l’accès aux services de santé sexuelle et procréative sans le consentement des parents.

Objection de conscience : fournir un service de remplacement non punitif et non discriminatoire aux objecteurs de conscience, et s’abstenir de les poursuivre.

Par ailleurs, les États Membres sont encouragés à adopter une législation interdisant la discrimination fondée sur l’âge dans tous les domaines, et à mettre en place des mécanismes simples et accessibles pour signaler toute discrimination et demander réparation.

1. Adopter une approche fondée sur les droits humains et centrée sur la jeunesse
  • Inclure les droits des jeunes dans les lois, les politiques et les plans de relance nationaux en veillant à ce que les jeunes soient associés à la conception, à l’application et au suivi de ces instruments.
  • S’assurer que les solutions prennent en compte les différents problèmes auxquels se heurtent les jeunes, en particulier celles et ceux qui rencontrent des obstacles supplémentaires, tels que les jeunes femmes, les jeunes en situation de handicap, les migrants, les réfugiés, les jeunes LGBTIQ+, les jeunes autochtones et celles et ceux qui sortent du système de protection de remplacement.
2. Garantir l’égalité d’accès à une éducation de qualité
  • Maintenir les établissements d’enseignement et les services de santé et services sociaux connexes ouverts pendant les crises à chaque fois que cela est possible.
  • Fournir aux jeunes en situation de handicap une éducation inclusive de qualité, notamment un accès numérique et des aménagements raisonnables.
  • Développer les infrastructures numériques ainsi que les compétences de base dans les domaines du numérique, des médias et de l’information afin de réduire la fracture numérique.
  • Inclure l’éducation aux droits humains et à la citoyenneté afin que les jeunes aient des moyens d’action en tant que titulaires de droits et citoyennes et citoyens actifs.
3. Garantir à tous les jeunes le droit à un travail décent et à la sécurité sociale
  • Réglementer les formes de travail atypiques et précaires et interdire les stages non rémunérés.
  • Investir dans la création d’emplois, le développement des compétences et la reconversion des jeunes.
  • Garantir l’accès des jeunes aux systèmes de protection sociale, y compris pour celles et ceux qui occupent des emplois informels ou relevant de l’économie à la tâche.
4. Fournir des services de santé universels, accessibles et de qualité
  • Investir dans des services de santé physique et mentale gratuits, accessibles et de qualité, y compris en matière de santé sexuelle et procréative.
  • Supprimer les obstacles, tels que la nécessité d’obtenir le consentement des parents/tuteurs, et la stigmatisation.
  • Garantir l’accès à des services d’avortement sécurisé et la protection contre la violence fondée sur le genre.
  • Maintenir les services de santé pendant les crises et donner la priorité aux actions locales.
5. Faire en sorte que la participation des jeunes soit véritablement effective et inclusive
  • Faire en sorte que les jeunes aient véritablement voix au chapitre dans les décisions qui les concernent.
  • Institutionnaliser la participation des jeunes aux processus décisionnels à tous les niveaux :
    • associer les jeunes à l’élaboration et à la révision des rapports nationaux destinés aux mécanismes relatifs aux droits humains ;
    • créer des structures permanentes afin de garantir une participation effective et inclusive des jeunes aux niveaux international, régional, national et local ;
    • envisager l’abaissement à 16 ans de l’âge minimum pour voter et l’adoption de quotas pour les jeunes dans les parlements et les organes politiques.
  • Veiller à ce que la participation soit sûre, inclusive et dotée de ressources suffisantes et à ce qu’elle ne se limite pas à des mesures purement symboliques.
6. Soutenir les jeunes qui font face à des obstacles multiples ou plus importants
  • Traiter les jeunes de manière équitable dans le système judiciaire et ne pas les soumettre trop tôt au système pour adultes.
    • Étendre les garanties de la justice pour enfants/jeunes aux jeunes adultes (24 ans).
  • Respecter le droit de dire « non » au service militaire pour des raisons de conscience ou de croyance. Des dispositifs de substitution au service militaire obligatoire devraient exister pour les jeunes.
  • Accompagner les jeunes qui sortent du système de protection de remplacement en leur fournissant une assistance en matière de logement, d’éducation et d’emploi.
7. Tenir systématiquement compte des droits des jeunes au niveau international
  • Les organes conventionnels et les procédures spéciales devraient :
    • inclure les questions relatives à la jeunesse dans les examens et les rapports thématiques ;
    • collaborer avec des organisations dirigées par des jeunes et nommer des coordonnateurs et coordonnatrices pour les questions relatives à la jeunesse.
  • Envisager de créer :
    • un forum annuel de la jeunesse sous l’égide du Conseil des droits de l’homme ;
    • un mandat au titre des procédures spéciales se rapportant aux droits des jeunes ;
    • un instrument international se rapportant aux droits des jeunes assorti d’un mécanisme de suivi ;
    • des normes internationales non contraignantes relatives aux droits des jeunes.

Renforcer la participation des jeunes au Conseil des droits de l’homme

Depuis 2025, le HCDH, en partenariat avec le Bureau des Nations Unies pour la jeunesse et le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), travaille avec les jeunes et les États Membres au renforcement de la participation des jeunes au Conseil des droits de l’homme.

En juin 2025, le HCDH, le Bureau des Nations Unies pour la jeunesse et le FNUAP ont organisé une table ronde d’experts qui a réuni des représentants d’États Membres et des jeunes, notamment des défenseurs de la jeunesse, des défenseurs des droits humains des jeunes et des délégués de la jeunesse des Nations Unies, afin d’examiner les obstacles, les problèmes et les possibilités liés à la participation des jeunes dans le contexte du Conseil des droits de l’homme. La table ronde a abouti à trois résultats clés visant à renforcer la participation des jeunes et à un engagement à continuer de travailler ensemble dans les années à venir. 

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