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Les droits humains pour toutes les personnes : fonder un mouvement mondial pour une action collective

05 octobre 2026

Photo de participants à une réunion au Siège des Nations Unies à New York.
© HCDH

Les droits humains sont notre voie commune vers des solutions et des changements concrets dans la vie des gens. Tel est l’un des principaux messages issus d’un événement de haut niveau organisé à l’occasion de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations Unies, où des dirigeants, des militants, des jeunes, des entreprises et des organisations internationales ont examiné comment transformer les engagements en matière de droits humains en action collective.

Alors que le monde est confronté aux conflits armés, à l’aggravation des inégalités, aux changements climatiques, au recul démocratique et à une rapide transformation technologique, l’Alliance mondiale pour les droits humains cherche à démontrer comment les droits humains peuvent apporter des solutions pratiques aux défis auxquels les gens sont confrontés au quotidien.

Coorganisé par le Royaume des Pays-Bas et le Mexique, ainsi que par la Jordanie, le Liechtenstein et l’Estonie, cet événement a marqué une étape importante pour l’Alliance mondiale, une initiative lancée par le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme Volker Türk en juin 2026 afin d’accélérer un mouvement plus large en faveur de la dignité, de l’égalité et de la justice, à l’approche du 80e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme en 2028.

Passer de la défense à l’action

Revenant sur les 100 premiers jours de l’Alliance mondiale, Volker Türk a déclaré que l’initiative était née d’une prise de conscience croissante que la communauté des droits humains souhaite faire plus que se contenter de répondre aux attaques contre les droits et les institutions.

Alors que de nombreuses personnes à travers le monde se sentent frustrées, anxieuses et déconnectées, il a relevé que les enquêtes montrent constamment un fort soutien du public, notamment parmi les jeunes, pour des valeurs telles que la dignité, l’équité, l’égalité et l’inclusion.

« Si vous posez la question aux gens du monde entier, en particulier aux jeunes, ils se soucient fondamentalement de ce que les droits humains apportent », a-t-il déclaré. « Ils ne l’expriment peut-être pas toujours en ces termes, mais cela leur tient à cœur. »

Le but de l’Alliance, a-t-il expliqué, est de relier des communautés qui travaillent souvent séparément, notamment les gouvernements et les entreprises, les mouvements de jeunesse, les villes, les universitaires et les organisations de la société civile, et de construire une large coalition capable de remettre les droits humains au centre des politiques et de la prise de décision.

De l’engagement à la mise en œuvre

Un message central est apparu tout au long de la discussion, selon lequel les droits humains fournissent un cadre pratique pour relever les défis actuels et améliorer la vie des gens.

« Les droits humains ne sont pas un passe-temps pour un petit groupe privilégié. Ils nous affectent tous et contribuent à créer des sociétés stables et prospères, soutiennent le développement durable et renforcent la paix et la sécurité », a déclaré Rob Jetten, Premier Ministre du Royaume des Pays-Bas.

Il a souligné que placer les droits humains au centre de l’élaboration des politiques est à la fois un impératif moral et une nécessité stratégique.

Enrique Javier Ochoa Martínez, sous-secrétaire du Mexique aux affaires multilatérales et aux droits humains, a soutenu que la communauté internationale possède déjà des normes solides en matière de droits humains et que le défi central est leur mise en œuvre.

« Nous devons passer d’une culture d’engagement à une culture de mise en œuvre », a-t-il déclaré.

Les droits humains, a-t-il en outre noté, doivent être vécus dans les écoles, les foyers, les lieux de travail, les communautés et les espaces numériques. La volonté politique, des institutions solides et une participation significative des communautés concernées sont essentielles pour transformer les engagements en résultats concrets.

UN Human Rights Chief Volker Türk joined Rob Jetten, Prime Minister of the Kingdom of the Netherlands; Melissa Fleming, UN Under-Secretary-General for Global Communications; and Enrique Javier Ochoa Martínez, Mexico’s Undersecretary for Multilateral Affairs and Human Rights, at a high-level event on the Global Alliance for Human Rights during the 81st session of the UN General Assembly in New York.

Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme Volker Türk a rejoint Rob Jetten, Premier Ministre du Royaume des Pays-Bas, Melissa Fleming, Secrétaire générale adjointe des Nations Unies à la communication globale, et Enrique Javier Ochoa Martínez, Sous-Secrétaire aux affaires multilatérales et aux droits humains du Mexique, lors d’une manifestation de haut niveau sur l’Alliance mondiale pour les droits humains pendant la 81e session de l’Assemblée générale des Nations Unies à New York. © HCDH

Les droits humains, une solution aux problèmes mondiaux

Denise Dora, Envoyée spéciale pour les droits humains et une transition juste de la COP30, a souligné que les changements climatiques sont fondamentalement une question relevant des droits humains.

Alors que les débats internationaux se concentrent souvent sur les émissions et le financement, les changements climatiques se traduisent pour les populations par la perte de leurs moyens de subsistance, des déplacements, des risques pour la santé et des inégalités croissantes, a-t-elle déclaré.

« Tout cela relève des droits humains, non au plus haut niveau, autour des tables de négociation, mais aussi dans la vie réelle et concrète. »

Il en va de même pour l’intelligence artificielle et les technologies émergentes. Les intervenants ont souligné que l’innovation doit rester ancrée dans les droits humains, la transparence, la responsabilité et l’autonomie humaine, en veillant à ce que les avancées technologiques renforcent les droits des personnes, au lieu de les compromettre.

Les droits humains doivent aider à orienter l’avenir numérique, notamment par des initiatives pédagogiques et des programmes de formation à l’IA qui permettent aux jeunes de comprendre à la fois les opportunités et les risques associés aux nouvelles technologies.

Traduire les droits humains en actions nécessite également de changer la manière dont ils sont communiqués, et de repenser qui participe à l’élaboration des solutions.

La puissance du récit et le leadership des jeunes

Les histoires personnelles et les expériences vécues peuvent aider à combler le fossé entre les débats internationaux et la réalité quotidienne, ce qui permet de rendre les droits humains plus accessibles et compréhensibles, et de montrer comment ces droits imprègnent la vie des populations à travers le monde.

Emma van Nieuwenhuizen, représentante de la jeunesse, a souligné le travail des jeunes photographes et journalistes documentant les conflits, les déplacements et la discrimination dans le monde entier. Selon elle, ces récits permettent de donner une visibilité aux réalités invisibles.

« Grâce à leurs témoignages, nous pouvons nous mettre à leur place et nous servir de ces points de vue pour encourager des changements », a-t-elle déclaré.

Naranzaya Batsaikhan, représentante de la jeunesse et innovatrice dans le domaine du climat originaire de Mongolie, a appelé à une plus grande participation des jeunes aux processus décisionnels et a souligné que les jeunes sont déjà en train de développer des solutions face aux problèmes environnementaux et technologiques.

« Notre expérience et notre énergie peuvent renforcer ces décisions », a-t-elle affirmé.

Perspectives pour 2028

L’Alliance mondiale se prépare à célébrer le 80e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme en 2028, avec une vision d’un mouvement mondial considérablement élargi.

Volker Türk a évoqué la multiplication des « Villes pour les droits humains », le renforcement des initiatives en faveur de la justice climatique, une implication accrue des jeunes, une participation plus importante des entreprises, des sportifs, des universitaires et des responsables locaux, ainsi qu’une protection élargie des groupes confrontés à la discrimination et à l’exclusion.

« Nous devrions laisser notre créativité et notre innovation s’épanouir », a-t-il indiqué.

Un message commun s’est dégagé de l’ensemble des interventions : le soutien aux droits humains reste plus large qu’on pourrait le croire. Si les atteintes aux droits et aux institutions démocratiques sont de plus en plus manifestes, les populations du monde entier continuent de croire en la dignité, l’égalité, la justice et l’inclusion.

Alors que l’Alliance mondiale entre dans sa prochaine phase, son message est clair : les droits humains ne doivent pas seulement être défendus, mais activement promus comme des solutions pratiques pour un monde en rapide évolution.