La deuxième Décennie internationale des personnes d’ascendance africaine renouvelle l’appel à la reconnaissance, à la justice et au développement
19 décembre 2024
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La deuxième Décennie internationale des personnes d’ascendance africaine a été proclamée le 17 décembre dernier. Cette deuxième Décennie internationale est l’occasion de prendre des mesures concrètes pour lutter contre les séquelles de l’esclavage et du colonialisme, d’apporter une justice réparatrice et de garantir l’intégralité des droits humains et des libertés des personnes d’ascendance africaine dans le monde entier.
Selon plusieurs experts dans le domaine des droits humains des personnes d’ascendance africaine, la première Décennie internationale, bien qu’elle ait constitué une étape importante, n’a pas permis d’opérer un changement véritablement transformateur. Barbara Reynolds, présidente du Groupe de travail d’experts des Nations Unies sur les personnes d’ascendance africaine, a déclaré que ces efforts initiaux avaient permis de sensibiliser au racisme anti-Noirs et aux droits humains des personnes d’ascendance africaine, mais que la volonté politique et l’investissement des États Membres avaient été insuffisants.
« Il est temps de transformer les discours en réalité, la reconnaissance en décisions et les excuses en actions, afin de continuer le travail mené dans le domaine de la justice raciale. D’adopter une justice réparatrice afin de redresser les torts du passé. De garantir la justice environnementale, le développement durable et la justice numérique afin d’assurer l’avenir de tous les peuples », a déclaré Barbara Reynolds.
La présidente du Groupe de travail a souligné les principaux résultats de la première Décennie internationale, notamment la visibilité accrue des questions liées à l’ascendance africaine, la création de l’Instance permanente pour les personnes d’ascendance africaine et les travaux en cours concernant la déclaration des Nations Unies sur le respect, la protection et la réalisation des droits humains des personnes d’ascendance africaine. Il reste néanmoins encore beaucoup à faire.
La présidente de l’Instance permanente, June Soomer, est de cet avis et a souligné que si certains progrès ont été réalisés, des inégalités structurelles persistent dans les domaines de l’éducation, des soins de santé, du logement, des perspectives économiques et de la représentation politique. Selon elle, le racisme systémique continue de priver les personnes d’ascendance africaine de leurs droits humains fondamentaux, exacerbés par les vulnérabilités climatiques, l’exclusion numérique et les injustices environnementales.
« La lutte contre le racisme et la discrimination raciale est loin d’être terminée. C’est un combat qui ne doit pas faiblir, mais s’intensifier, car la vision d’un monde débarrassé de ces fléaux omniprésents reste un impératif urgent et moral pour tout le monde », a déclaré Mme Soomer.
La première Décennie internationale a permis de sensibiliser l’opinion publique mondiale et de renforcer les cadres juridiques et institutionnels. Au cours de cette période, l’ONU a notamment soutenu l’élaboration de lois, de plans d’action nationaux et de mesures institutionnelles contre la discrimination ; promu le patrimoine culturel par des initiatives telles que « La route de l’esclave » et l’« Histoire générale de l’Afrique » de l’UNESCO ; soutenu les campagnes d’éducation et de sensibilisation à la lutte contre le racisme au niveau mondial ; et donné aux personnes d’ascendance africaine les moyens de faire valoir leurs droits, par exemple grâce au programme de bourses pour les personnes d’ascendance africaine.
Malgré ces avancées, June Soomer a constaté des difficultés persistantes et l’absence de mise en œuvre de la Déclaration et du Programme d’action de Durban, un cadre international global de lutte contre le racisme et la discrimination raciale.
« Le défi permanent que représente l’autonomisation économique des personnes d’ascendance africaine, aggravé par un accès limité, voire inexistant, à des perspectives économiques, reste une difficulté persistante », a déclaré Mme Soomer. « Les disparités en matière de santé, en particulier celles qui touchent les femmes et les filles d’ascendance africaine, requièrent une attention urgente et soutenue. »
Le HCDH et l’avenir
Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme était chargé de coordonner les activités de la première Décennie. Le HCDH a encouragé les États et les autres parties prenantes à prendre des mesures pertinentes, a sensibilisé aux questions touchant les personnes d’ascendance africaine et a favorisé une plus grande reconnaissance, un plus grand respect et une plus grande célébration de la diversité de leur patrimoine et de leur culture.
« Nous avons soutenu le lancement et la mise en œuvre du programme d’activités de la Décennie internationale dans plusieurs pays et régions », a déclaré Sara Hamood, cheffe de la Section de la lutte contre la discrimination raciale. « 160 activistes d’ascendance africaine, dont 70 % de femmes, originaires de 50 pays différents, ont obtenu leur diplôme dans le cadre de notre programme annuel de bourses et nous avons soutenu 14 projets de la société civile par des subventions et des partenariats. »
Le HCDH a également joué un rôle essentiel en mettant en lumière les difficultés liées aux droits humains auxquelles sont confrontées les personnes d’ascendance africaine, grâce à des recherches et des campagnes ciblées.
Le HCDH a soutenu la création de l’Instance permanente pour les personnes d’ascendance africaine en 2021 et soutient depuis 2022 les discussions intergouvernementales sur l’élaboration d’un projet de déclaration des Nations Unies sur le respect, la protection et la réalisation des droits humains des personnes d’ascendance africaine.
« La proclamation de la deuxième Décennie internationale s’appuie sur les progrès réalisés jusqu’à présent, mais c’est avant tout la reconnaissance qu’il reste encore beaucoup à accomplir », a déclaré Sara Hamood. « Ces dix dernières années, nous avons acquis une meilleure compréhension et une plus grande visibilité des expériences vécues par les personnes d’ascendance africaine, mais nous n’avons pas fait assez pour créer des changements réels et positifs dans leur vie. »
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Tenir la promesse des droits humains, c’est créer un avenir plus pacifique, plus égalitaire et plus durable pour tous et toutes.
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Volker Türk, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme
Les futures stratégies du HCDH sont multidimensionnelles. Elles consistent notamment à aider les États et d’autres acteurs à démanteler le racisme systémique et à rendre une justice réparatrice ; à renforcer les réseaux de la société civile et les programmes de renforcement des capacités ; à plaider pour une participation significative des personnes d’ascendance africaine aux processus décisionnels et pour la collecte de données ventilées par race et par appartenance ethnique afin d’éclairer les politiques ; à promouvoir des économies équitables et durables ; et à lutter contre l’injustice environnementale et numérique.
« Dans le cadre de la deuxième Décennie internationale, le HCDH renforcera son engagement auprès des États et des autres parties intéressées afin de mener des actions concrètes, reposant sur les solutions identifiées par les personnes d’ascendance africaine », a indiqué Sara Hamood. « Nous donnerons également la priorité au renforcement des capacités et au soutien des personnes d’ascendance africaine, en leur fournissant les outils et les ressources nécessaires pour faire valoir leurs droits. »
Le travail du Haut-Commissariat sur la mise en œuvre du programme de transformation pour la justice et l’égalité raciales et son soutien aux huit mécanismes de lutte contre le racisme du HCDH complètent et renforcent ses efforts pour faire avancer le programme d’activités de la Décennie internationale.
Un appel en faveur de changements transformateurs
Comme l’a expliqué June Soomer, le racisme et la discrimination raciale ne sont pas des concepts abstraits, mais la réalité quotidienne de millions de personnes d’ascendance africaine dans le monde entier. Pour y remédier, nous avons besoin d’actions audacieuses et concrètes, et non de simples discours.
Volker Türk, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, a souligné l’importance d’une direction forte, d’une volonté politique et de ressources financières et humaines accrues pour atteindre les objectifs ultimes de la Décennie, à savoir la reconnaissance, la justice et le développement pour les personnes d’ascendance africaine.
La deuxième Décennie internationale marque un tournant majeur, qui nécessite une action collective urgente pour briser le cycle des injustices historiques et de l’exclusion systémique. L’engagement renouvelé des Nations Unies à faire respecter les droits des personnes d’ascendance africaine rappelle avec force que la lutte contre le racisme doit être intensifiée pour assurer à tous et à toutes un avenir juste et équitable.
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Les droits humains des personnes d’ascendance africaine sont inextricablement liés aux droits de toutes les personnes, partout dans le monde, à tout instant.
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Barbara Reynolds, Groupe de travail d’experts sur les personnes d’ascendance africaine