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Des logements, pas des produits d’investissement : les arguments en faveur de la priorité au logement

28 avril 2026

Affiche avec un fond rouge sur lequel est inscrit en blanc « <i>Economies that work for all</i> » (des économies qui marchent pour tout le monde), avec « for all » entouré. Un portrait en noir et blanc de Leilani Farha apparaît à droite et son nom est écrit à gauche.
© HCDH/ÉCOLE DES CADRES DU SYSTÈME DES NATIONS UNIES

Dans ce dernier épisode de la saison 2 du podcast « Economies That Work for All », la défenseuse des droits au logement Leilani Farha expose un argument clair : le logement doit être considéré comme un droit humain fondamental et non comme un produit d’investissement.

Le droit international reconnaît expressément le logement comme constituant un droit humain fondamental, étant donné qu’un logement convenable est essentiel au bien-être, à la dignité et à la vie même d’une personne.

S’appuyant sur ses dizaines d’années d’expérience en tant qu’ancienne Rapporteuse spéciale de l’ONU, Leilani Farha explique que le droit à un logement convenable va au-delà du simple fait d’avoir un toit : cela signifie vivre en paix, en sécurité et dans la dignité.

« Nous le constatons partout dans le monde lorsque des personnes sont privées de logement, que ce soit à cause d’une guerre ou de conflits, ou en raison d’économies qui engendrent le sans-abrisme. Si l’on refuse aux gens le droit au logement et à un logement convenable, on porte atteinte à leur vie, à leur existence. C’est cela l’enjeu », a-t-elle affirmé.

Selon Mme Farha, lorsque des personnes sont contraintes de vivre dans la rue, cela ne résulte pas d’un échec individuel, mais d’un échec systémique des États à respecter les droits humains.

Elle met en cause la tendance à la financiarisation du logement observée à l’échelle mondiale, dans le cadre de laquelle des sociétés de capital-investissement et des investisseurs tirent profit des logements en augmentant les loyers, en chassant les locataires et en creusant les inégalités.

« Ces pratiques, rendues possibles par des réglementations insuffisantes et des incitations fiscales, alimentent l’inaccessibilité économique, les expulsions et le sans-abrisme dans le monde entier », a-t-elle ajouté.

Elle prône une économie fondée sur les droits humains et exhorte les États à poser une question simple : « cette politique fait-elle progresser les droits humains ou est-elle un frein à ces derniers, en particulier en ce qui concerne les personnes les plus vulnérables ? »

« Parmi les solutions concrètes, on peut citer notamment la réglementation des investisseurs spéculatifs, le renforcement des protections des locataires, la réaffectation de bâtiments existants et l’alignement des systèmes fiscaux et financiers sur les obligations en matière de droits humains », a déclaré Mme Farah.

Son message est clair : « la crise de l’inaccessibilité économique des logements, la crise du sans-abrisme et la crise des établissements informels que nous connaissons actuellement n’existeraient pas si les États avaient pris au sérieux le fait que le logement est un droit humain et l’avaient mis en œuvre en tant que tel. Un véritable changement passe par des politiques courageuses, l’application du principe de responsabilité et la priorité accordée à la dignité humaine dans les décisions économiques ».

Produite par le HCDH et le Centre de connaissances pour le développement durable de l’École des cadres du système des Nations Unies, le podcast « Economies that Work for All » explore la manière dont les économies et les droits humains peuvent fonctionner ensemble en vue de favoriser les progrès vers la réalisation du Programme 2030.

Écoutez dès maintenant

Nous vous invitons à découvrir les propos tenus par le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme Volker Türk concernant l’économie centrée sur les droits humains et la saison 2 de la série de podcasts « Economies that work for all ».